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samedi 30 janvier 2010

Haiti: un bilan en chiffres après 15 jours

- Aujourd'hui, l'ONU a promis et débloqué 6 milliards de dollars
- La France a débloquer 20 millions d'aide en euros (on peut comparer aux 1.5 milliards pour la Grippe A). Un hopital entièrement fonctionnel est déjà prêt, avec salle d'opération et centre d'anesthesie et réanimation mais certaines amputations doivent se faire à la scie, sans anesthésie, comme au Moyen-Age.
- L'Europe elle va débloquer 120 millions d'aide en euros (ne comparons avec rien, c'est ridicule)
- L'ouragan et le seisme a causé plus de 150,000 morts, 250,000 blessés et 1.5 millions de sans-abri aux dernières estimations
- Des secours en nature arrivent tous les jours dont 43 tonnes de vivres hier
- Les orphelinats sont très touches, des enfants sont maintenant rapatriés comme la Hollande l'avait proposé et la France vient de commencer (avec une trentaine de petits)
- Par miracle, plus d'une centaines de rescapés ont été tirés des décombres par les équipes de secours depuis deux semaines. La période de secours a été officiellement déclarée fermée, mais des survivants sont encore trouvés. Samedi, un jeune homme d'une vingtaine d'années a été extrait vivant des ruines d'une épicerie de Port-au-Prince. (voir video ici). Plus d'une centaine ont été tirés des décombres depuis 2 semaines.

mardi 19 janvier 2010

Haiti un pays en quelques chiffres

Voici quelques chiffres qui résument la situation à Haiti:

- Haïti, officiellement la République d'Haïti, est un pays des Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola (soit 28 000 km2 environ). Sa capitale est Port-au-Prince. Haïti comptait 8,3 millions d'habitants en 2005. Haïti devint en 1804 la première république indépendante de population majoritairement noire après la Révolution haïtienne (1791-1803) qui conduisit l'armée de Napoléon Bonaparte à abandonner l'île. Haïti est aussi le seul pays francophone indépendant des Caraïbes, et un des deux pays francophones d'Amérique du Nord (avec le Canada).


- République d'Haïti : Repiblik Ayiti

..Continent : Amériques
..Sous-continent : Antilles
..Devise nationale : l'Union fait la force[1]
..Hymne national : La Dessalinienne
..Fuseau horaire : UTC -5
..Population (2010) : 10 072 492 habitants
..Taux de croissance annuel : 1.510 %
..Superficie : 27 748 km2 (Classé 142e)
..Densité ; 363.00 habitants/km2
..PNB (2008) : 6.95 milliards $USD
..PNB/habitant (2008) : 711 $USD
..Croissance du PNB (2008) : 13.38 %
..PIB (2008) : 6.94 milliards $USD
..PIB/habitant (2008) : 790 $USD
..Croissance du PIB (2008) : 2.30 %
..Espérance de vie (2010) : 61.38 ans
..Taux de natalité (2010) : 28.70 ‰
..Indice de fécondité (2010) : 3.72 enfants/femme
..Taux de mortalité (2010) : 8.39 ‰
..Taux de mortalité infantile (2010) : 58.07 ‰
..Taux d'alphabétisation (2003) : 52.90 %
..Langues officielles : Français, créole haïtien
..Monnaie convertisseur : Gourde (HTG)
..Indice de développement humain (IDH 2007) : 0.532/1.0 (rang : 150/185)
..Nature de l'état : République présidentielle
....Chef de l'état : Président René Préval
..Fête nationale : 1er janvier (indépendance de 1804)
..Code internet du pays : .ht
..Gentilé : Haïtienne, Haïtien
..Touristes : nc personnes
..Secteurs d'activités
....Agriculture 44.00 %
....Industries 13.00 %
....Services 43.00 %
..Taux d'urbanisation (2007) 46.86 %
....1 Port-au-Prince 4 005 741 (18°32′21″N 72°20′11″O / 18.53917, -72.33639)
....2 Cap-Haïtien 359 006
....3 Gonaïves 141 580


- Notes sur l'instabilité passée du pays

Dessalines se fit proclamer gouverneur à vie par ses troupes. Il fit exécuter les blancs restés sur l'île et gouverna en despote. Il fut assassiné le 17 octobre 1806. Le pays se partagea alors entre le royaume d'Haïti au nord, dirigé par Henri Christophe et une république au sud, dirigée par Alexandre Pétion.

Puis le président Jean Pierre Boyer fit réunifier ces deux parties et conquit la partie est de l'île en 1822.

Le président Pétion va initier des négociations pour la reconnaissance d'Haïti en 1814. Elles durent jusqu'en 1824. Le 11 juillet 1825, le roi de France Charles X promulgue une ordonnance qui reconnaît l'indépendance du pays contre une indemnité de 150 millions de francs-or (la somme sera ramenée en 1838 à 90 millions de francs).

Le 27 février 1844, malgré les attaques incessantes de la part des Haïtiens, la République dominicaine est de nouveau déclarée indépendante

Une longue succession de coups d'État suivit le départ de Jean Pierre Boyer. Le pouvoir ne cessa d'être contesté par des factions de l'armée, les élites mulâtre et noire, et la classe marchande, maintenant composée d'un grand nombre d'étrangers (Allemands, Américains, Français et Anglais). Le pays s'appauvrit, peu de ses chefs d'État se préoccupant de son développement. Dès que le pouvoir se fragilisait, des révoltes armées se déclenchaient, entretenues par les candidats à la succession.

En 1847, Faustin Soulouque est élu président de la République mais il transforma son pays en empire d'Haïti en le 25 août 1849 et devint Faustin Ier. Despote, il dut fuir suite à un soulèvement populaire en 1859.

Au début du XXe siècle, le pays est en état d'insurrection quasi-permanente qui conduit à l'invasion de l'île par les troupes du président Wilson en 1915. Les États-Unis occupèrent l'île de 1915 à 1934. Après le départ des américains, l'instabilité politique (entre militaire et populistes) reprend, et ne s'achève qu'à partir de 1957 avec la dictature de la famille Duvalier jusqu'en 1986. Partisan de la lutte contre les mulâtres, il appuie son pouvoir personnel sur la délation et des partisans surnommés tontons macoutes, escadrons de la mort. De nombreux Haïtiens s'exilèrent, notamment aux États-Unis et au Canada. Après avoir fait face à plusieurs coups d'état, son fils est chassé par une insurrection populaire en 1986 et la démocratie s'établit peu à peu.

L'ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide remporte les élections de décembre 1990. Son mandat débute le 7 février 1991, mais un coup d'État mené par Raoul Cédras et des militaires soutenus par la bourgeoisie d'affaires le renverse dès le mois de septembre. En 1994, il est rétabli au pouvoir sous la pression de l'administration de Bill Clinton (qui menaçait d'une intervention militaire) à la condition qu'il renonçât à récupérer les années perdues lors de l'intermède militaire. Il quitte donc la présidence en 1995 pour être réélu en 2000. Après plusieurs mois de manifestations populaires et de pressions exercées par la communauté internationale, plus particulièrement par la France et les États-Unis, Aristide est emmené en exil par des militaires des États-Unis, le 29 février 2004, lorsque des forces armées constituées d'opposants et d'anciens militaires qui contrôlaient le nord du pays menacent de marcher sur la capitale Port-au-Prince.

Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, assure ensuite le pouvoir par intérim. En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l'appui de manifestations populaires, René Préval, proche d'Aristide et ancien président de la République d'Haïti entre 1995 et 2000, est élu.


Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre de magnitude 7,0 frappe l'ouest d'Haïti et notamment la capitale. Il est suivi de plus d'une centaine de répliques. Il s'agit du séisme le plus important et le plus meurtrier de l'histoire d'Haïti, allant jusqu'à désorganiser totalement le fonctionnement de l'État, à l'image de l'effondrement de plusieurs bâtiments publics comme le palais présidentiel qui entraina la mort de plusieurs membres du gouvernement (les ministres de la Justice, de l'Économie et du Tourisme), et dont seuls le président Préval et son premier ministre Jean-Max Bellerive réchappèrent de peu. La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) fut également dévastée par l'écroulement de son quartier général à Port-au-Prince : plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus…

lundi 18 janvier 2010

Quand le cynisme n'a pas de limite

Cruise ships still find a Haitian berth

Luxury liners are still docking at private beaches near Haiti's devastated earthquake zone for holidaymakers to enjoy the water.

Sixty miles from Haiti's devastated earthquake zone, luxury liners dock at private beaches where passengers enjoy jetski rides, parasailing and rum cocktails delivered to their hammocks.


The 4,370-berth Independence of the Seas, owned by Royal Caribbean International, disembarked at the heavily guarded resort of Labadee on the north coast on Friday; a second cruise ship, the 3,100-passenger Navigator of the Seas is due to dock.

The Florida cruise company leases a picturesque wooded peninsula and its five pristine beaches from the government for passengers to "cut loose" with watersports, barbecues, and shopping for trinkets at a craft market before returning on board before dusk. Safety is guaranteed by armed guards at the gate.

The decision to go ahead with the visit has divided passengers. The ships carry some food aid, and the cruise line has pledged to donate all proceeds from the visit to help stricken Haitians. But many passengers will stay aboard when they dock; one said he was "sickened".

"I just can't see myself sunning on the beach, playing in the water, eating a barbecue, and enjoying a cocktail while [in Port-au-Prince] there are tens of thousands of dead people being piled up on the streets, with the survivors stunned and looking for food and water," one passenger wrote on the Cruise Critic internet forum.

"It was hard enough to sit and eat a picnic lunch at Labadee before the quake, knowing how many Haitians were starving," said another. "I can't imagine having to choke down a burger there now.''

Some booked on ships scheduled to stop at Labadee are afraid that desperate people might breach the resort's 12ft high fences to get food and drink, but others seemed determined to enjoy their holiday."I'll be there on Tuesday and I plan on enjoying my zip line excursion as well as the time on the beach," said one.

The company said the question of whether to "deliver a vacation experience so close to the epicentre of an earthquake" had been subject to considerable internal debate before it decided to include Haiti in its itineraries for the coming weeks.

"In the end, Labadee is critical to Haiti's recovery; hundreds of people rely on Labadee for their livelihood," said John Weis, vice-president. "In our conversations with the UN special envoy of the government of Haiti, Leslie Voltaire, he notes that Haiti will benefit from the revenues that are generated from each call …

"We also have tremendous opportunities to use our ships as transport vessels for relief supplies and personnel to Haiti. Simply put, we cannot abandon Haiti now that they need us most."

"Friday's call in Labadee went well," said Royal Caribbean. "Everything was open, as usual. The guests were very happy to hear that 100% of the proceeds from the call at Labadee would be donated to the relief effort."

Forty pallets of rice, beans, powdered milk, water, and canned foods were delivered on Friday, and a further 80 are due and 16 on two subsequent ships. When supplies arrive in Labadee, they are distributed by Food for the Poor, a longtime partner of Royal Caribbean in Haiti.

Royal Caribbean has also pledged $1m to the relief effort and will spend part of that helping 200 Haitian crew members.

The company recently spent $55m updating Labadee. It employs 230 Haitians and the firm estimates 300 more benefit from the market. The development has been regarded as a beacon of private investment in Haiti; Bill Clinton visited in October. Some Haitians have decried the leasing of the peninsula as effective privatisation of part of the republic's coastline.

(lu dans The Guardian)

dimanche 17 janvier 2010

Haïti : une rescapée du séisme devient l’icône de la catastrophe

Du Daily Telegraph à El Pais en passant par Libération, c’est le même visage qui s’affiche à la Une : une femme sortant des gravats, avec un regard lourd de sens. REVUE DE PRESSE SPECIALE HAITI, Jeudi 14 janvier.

La presse française, la presse internationale, tous mettent le séisme en Haïti à la Une…. Et beaucoup de journaux ont choisi la même photo : une femme, sortant des gravats, le visage couvert de poussière. Dans ses yeux on peut lire toute la stupeur du drame que vient de vivre le pays.


La photo vient de l’agence France Presse, elle est signée Daniel Morel.

A chaque fois un titre différent vient souligner la catastrophe d’une rare ampleur :

Libération : Terre Maudite
France Soir : Aidons les !
The Guardian : Le Jour de la dévastation d’Haïti
Corriere della sera : Haïti est devenu un cimetière
Le Daily Telegraph : Au moins 100.000 morts dans le tremblement de terre
Le Parisien : Haïti anéanti
El Pais : La mort, la douleur et le chaos en Haïti

Et une question se pose : pourquoi, pourquoi le sort s’acharne sur Haïti ?
Le blog américain True Slant ose une comparaison avec la République Dominicaine voisine : épargnée par les ouragans dévastateurs l’an dernier, avec un régime politique stable, une industrie du tourisme florissante… et cette fois ci encore épargnée par le séisme.
Les deux pays sont pourtant sur la même île, l’île d’Hispaniola. Mais Haïti occupe la partie montagneuse de l’île, quand la géographie de la République Dominicaine est beaucoup plus plane.
« Demandez a tous ceux qui ont essayé de pacifier l’Afghanistan, les Mongols, les Russes, les Américains : un état de montagne est un enfer pour qui souhaite avoir un gouvernement centralisé fort.
« Et sans gouvernement digne de ce nom, rien n’est possible. Haïti en est la preuve : pas un seul hôpital construit en zone sure, tous ont été détruits. Pas de personnel médical en quantité suffisante. Personne pour accueillir les avions des secours à l’aéroport, certains attendent encore sur le tarmac de Miami. »
« Avant le séisme, il n’y avait déjà pas des services de sécurité incendie digne de ce nom. »

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Après le devastateeur Georges, en 1998, qui avait tué 604 personnes, surtout sur l'île d' Hispaniola, causé près $6 billion (1998 US dollars, $7 billion 2006 USD) en dommages, surtout sur Puerto Rico et Hispaniola. Il avait épargné Port au Prince à Haiti mais pas le reste du pays, laissant 209 morts, 167,332 déportés et causant des dégats majeurs, surtout sur l'agriculture, estimés à $179 million.



(lu sur France 24)