samedi 23 janvier 2010

Incident et violences à Woippy

Le cri de colère d'une mère qui demande "que justice soit faite". Un père de famille qui s'effondre là où son fils a perdu la vie. Des jeunes qui hurlent leur colère et leur désir de vengeance malgré les appels au calme des adultes.

Dans les quartiers sensibles de Woippy (Moselle), seul un important déploiement policier a permis, dans la nuit du mercredi 20 janvier, de contenir le climat très tendu et de circonscrire les incidents. Plusieurs dizaines d'habitants, souvent très jeunes, ont multiplié les accrochages, révoltés par l'accident mortel subi par trois de leurs camarades qui circulaient en scooter – un jeune homme est mort et deux autres ont été grièvement blessés – alors qu'ils étaient suivis par la police municipale.

Six véhicules, un bus, des poubelles ont été incendiés tandis que du mobilier urbain et une école d'insertion ont subi des dégradations. Des jets de projectiles sporadiques ont également visé les forces de l'ordre, mobilisées en nombre, dans cette ville de 13 000 habitants située dans la banlieue nord de Metz et dont la moitié de la population habite en zone urbaine sensible (ZUS).

Les incidents ont suivi une marche silencieuse organisée en fin de journée, mercredi, par les familles et les proches des victimes. Les trois jeunes hommes, qui circulaient à scooter, ont été victimes d'une sortie de route, mercredi matin vers 1 h 30, alors qu'ils étaient pris en chasse par la police municipale dans le centre-ville de Woippy.

L'un d'eux, âgé de 19 ans, est décédé sur le coup, touché à la tête. Les deux autres, âgés de 19 et 20 ans, ont été transférés au service de neurochirurgie dans un état critique, leur "pronostic vital" restant engagé, selon le procureur de la République de Metz, Rémy Heitz, mercredi en fin de journée.

Les premiers éléments de l'enquête, révélés par le procureur, indiquent que les trois jeunes circulaient sans casque sur un scooter volé, "à vive allure" et "apparemment" tous feux éteints. Une équipe de la police municipale de Woippy, constatant que les trois adolescents étaient en infraction, a "entamé le suivi" du deux-roues sur une distance de 800 mètres environ, avant que l'accident ne se produise.

"Je n'emploie pas à dessein le terme de course-poursuite car cette formule présente une connotation qui n'est pas encore avérée", a indiqué le procureur au cours d'une conférence de presse. "Préférant" là encore user du conditionnel, le magistrat a précisé que les policiers auraient "actionné les avertisseurs sonores et lumineux" de leur 4 × 4 avant de suivre le scooter à distance.

Une version vivement contestée dans le quartier. Dans l'entourage des victimes, beaucoup évoquent l'hypothèse d'un accident provoqué volontairement par les forces de l'ordre dans un contexte de tensions récurrentes avec les jeunes. "La police municipale de Woippy se comporte comme des cow-boys. Ils nous provoquent et nous harcèlent en permanence", explique, sous couvert d'anonymat, un jeune âgé de 22 ans, venu déposer des fleurs sur les lieux de l'accident.

"Les municipaux se croient à Chicago. Ils ont des Flash-Ball et circulent dans des 4 × 4 pour nous faire peur : pas qu'aux jeunes d'ailleurs, mais aussi aux adultes !", s'indigne une mère de famille.

La mairie et le parquet ont réfuté l'hypothèse d'un choc volontaire. "Ils ont mis en marche leur gyrophare mais n'ont pas pris de risques inconsidérés en tentant d'interpeller" les trois jeunes, a expliqué le maire de Woippy, François Grosdidier, également député UMP.

Le procureur a indiqué que le conducteur se trouvait "manifestement en infraction", qualifiant l'action de la police municipale de "justifiée". "Il n'y a, me semble-t-il, pas matière à débat dans cette affaire", a-t-il poursuivi.

"La doctrine d'emploi de la police municipale, ce n'est pas le sujet", a-t-il répondu à un journaliste qui l'interrogeait sur les "méthodes" employées par la police municipale et sur les modalités de son intervention, cette nuit-là. La police municipale de Woippy avait fait partie des premières équipes dotées de pistolets électriques (Tasers).

Le père d'un jeune homme accidenté se jette au sol lors d'une manifestation silencieuse, le 20 janvier 2010 à Woippy, après que trois jeunes sur un scooter, poursuivis par la police, ont été victimes d'un accident faisant, la veille, un mort et 2 blessés.

(lu sur Le Monde)

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C"est un peu toujours la même chose, non? Quelques délinquants, un scooter volé, des conducteurs sans casque, qui tentent d'échapper à un barrage de police. Je veux pas faire le rabat-joie ni soutenir l'état policier mais quand même, qui est se cache derrière la loi ici? Comme le dit D.G. "J’avoue qu’il m’arrive d’avoir d’autres sources d’information que "Le Monde" et de regarder les informations télévisées... D’autre part, l’ironie sur les âmes généreuses n’est pas de mise car ce qui est nécessaire aujourd’hui est de distinguer une minorité de voyous et de délinquants, et leurs familles complices, de la grande masse des jeunes et des familles qui respectent les lois et n’ont pour objectif que de vivre paisiblement."

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